Loi Duplomb : Pourquoi ce texte fait-il débat ?

Loi Duplomb : Pourquoi ce texte fait-il débat ?

10/07/2025 | Actualités

Le 8 juillet 2025, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la proposition de loi dite « Duplomb”, présentée comme une réponse à la crise agricole. Porté par une majorité allant de la droite macroniste à l’extrême droite, ce texte a suscité de vives oppositions, notamment de la part des groupes de gauche, qui ont voté contre. Derrière l’objectif affiché de simplifier la vie des agriculteurs, cette loi soulève de sérieuses inquiétudes pour la santé, l’environnement, et l’avenir même de notre modèle agricole. Pour ces raisons, les députés socialistes et apparentés ont non seulement défendu une alternative lors des débats, mais ont également annoncé leur intention de saisir le Conseil constitutionnel afin de faire échec à un texte qu’ils jugent à la fois régressif, brutal et démagogique.

Un texte présenté comme une réponse à la crise agricole

La loi Duplomb se présente comme un texte visant à simplifier la vie des agriculteurs. Elle promet de réduire certaines contraintes administratives, d’assouplir les règles encadrant l’usage de produits phytosanitaires, ou encore de faciliter la création de retenues d’eau pour l’irrigation.

Portée au Sénat par les sénateurs Laurent Duplomb (Les Républicains) et Franck Menonville (Union centriste), cette proposition de loi a été débattue en procédure accélérée, c’est-à-dire sans deuxième lecture dans chaque chambre. Après son rejet une première fois par l’Assemblée nationale, une commission mixte paritaire a été convoquée pour tenter d’ établir un texte de compromis, finalement voté au Sénat puis à l’Assemblée.

Un texte en décalage avec les urgences agricoles et écologiques

Ce texte a été présenté dans un contexte de fortes tensions dans le monde agricole, mais au lieu d’ouvrir un vrai débat sur les défis structurels du secteur, il a souvent opposé productivité et écologie.

Derrière les apparences de simplification, cette loi porte des reculs concrets. Elle ouvre la voie au retour de l’acétamipride, un pesticide dangereux pour les pollinisateurs. Elle affaiblit aussi la séparation entre conseil et vente de produits phytosanitaires, et rend plus facile la mise en place de projets très contestés comme les “mégabassines”. 

Ce texte, en l’état, ne propose pas un véritable accompagnement vers une agriculture résiliente et durable. Il affaiblit au contraire des garde-fous indispensables.

C’est donc en conscience que j’ai voté contre cette loi.

Le projet socaliste 

Avec mes collègues du groupe Socialistes et apparentés, nous avons proposé une autre voie. Une voie qui respecte les réalités agricoles sans céder sur l’exigence de santé publique, de protection de l’environnement, ni sur notre souveraineté alimentaire. Nous avons porté des propositions concrètes : un plan ambitieux pour l’élevage, une meilleure régulation du foncier pour permettre le renouvellement des générations, un soutien au revenu des agriculteurs, une lutte contre la concurrence déloyale, et une sortie programmée des pesticides.

Je reste pleinement engagé pour défendre une agriculture qui soit à la fois viable pour les exploitants, vivable pour les citoyens, et respectueuse de notre environnement. La simplification des démarches est nécessaire, mais elle ne doit pas se faire au prix de notre santé collective ou du climat.